Municipales 2026 à Quimper : la carte des résultats par bureau de vote du second tour

Isabelle Assih (Union de la gauche, maire sortante) remporte le second tour des élections municipales 2026 à Quimper avec 49,8 % des suffrages et 12.498 voix, devant Guillaume Menguy (Divers droite) à 33,4 % et 8.379 voix, Christel Hénaff (Rassemblement national) à 8,6 % et 2.149 voix et Marie Lauwers (Extrême gauche) à 8,2 % et 2.060 voix. Cette quadrangulaire, configuration rare pour une ville préfecture, confirme la domination de la maire sortante sur l’ensemble du territoire communal. Notre carte électorale par bureau de vote détaille la géographie d’une victoire construite sur un socle large couvrant aussi bien les quartiers pavillonnaires de l’ouest que les quartiers populaires du sud, face à une droite cantonnée au centre-ville et un RN marginal dans la préfecture du Finistère.

Carte électorale par bureaux de vote à Quimper (Bretagne) — élection municipale 2026, second tour

Un premier tour qui installe la domination Assih : vers la quadrangulaire

Isabelle Assih (Union de la gauche, PS), maire sortante depuis 2020, prend largement la tête du premier tour avec 46,7 % et 11.847 voix, un score qui la place aux portes de la majorité absolue dès le premier dimanche. Face à elle, Guillaume Menguy (Divers droite) obtient 32,3 % et 8.192 voix, un score honorable mais insuffisant pour menacer la sortante. Christel Hénaff (Rassemblement national) réalise 10,9 % et 2.766 voix, un score qui lui permet de se maintenir au second tour mais qui traduit la faiblesse structurelle du RN dans la préfecture finistérienne. Marie Lauwers (Extrême gauche) capte 10,1 % et 2.569 voix, franchissant elle aussi le seuil de maintien. La participation s’établit à 58,8 % sur 44.187 inscrits, un niveau élevé qui traduit la mobilisation d’un électorat quimpérois concerné par l’enjeu municipal. Les quatre listes se maintiennent, ouvrant la voie à une quadrangulaire au second tour.

Le second tour : une quadrangulaire sans surprise

Le second tour confirme la tendance du premier sans la bouleverser. Aucune fusion de listes n’intervient entre les deux tours : les quatre candidats se représentent dans la même configuration. Isabelle Assih progresse légèrement à 49,8 % et 12.498 voix, gagnant 651 voix supplémentaires par rapport au premier tour. Guillaume Menguy progresse lui aussi marginalement à 33,4 % et 8.379 voix (+187 voix). En revanche, Christel Hénaff (RN) recule nettement à 8,6 % et 2.149 voix (perte de 617 voix), de même que Marie Lauwers à 8,2 % et 2.060 voix (perte de 509 voix). La participation recule légèrement à 57,8 % sur 44.202 inscrits, avec 25.529 votants. L’écart de plus de 4.100 voix entre Assih et Menguy traduit une victoire sans ambiguïté, qui se convertit en 37 sièges contre 8 pour Menguy, 2 pour Hénaff et 2 pour Lauwers au conseil municipal (49 sièges).

Le fief Assih : une domination territoriale presque totale

La carte du second tour par bureau de vote dessine une géographie sans équivoque. Isabelle Assih arrive en tête dans la totalité des bureaux de vote sauf un (le bureau 20, seul bureau où Menguy domine). Les bureaux rose foncé (Assih +55 %) couvrent massivement les périphéries de la commune : tout le nord vers Kermabeuzen, l’ouest vers Ty Rouz et Penhars, ainsi que les marges sud et sud-est vers Le Petit Guélen et Cuzon. Cette géographie correspond aux quartiers pavillonnaires des anciennes communes fusionnées (Kerfeunteun au nord, Penhars à l’ouest, Ergué-Armel au sud-est), socle historique de la gauche quimpéroise depuis le rattachement de ces communes populaires et rurales en 1960.

Les bastions Assih à forte marge : les périphéries nord et ouest

Les bureaux rose très foncé (Assih +55 %) dessinent un arc périphérique continu qui enveloppe la ville par le nord, l’ouest et le sud. Du côté de Kermabeuzen et des hauteurs nord, dans les quartiers pavillonnaires de Ty Rouz à l’ouest, et dans les zones résidentielles de Le Merdy et Kerlagatu au sud-ouest, Assih réalise ses scores les plus élevés. Ces quartiers, caractérisés par un habitat individuel dominant et une sociologie mêlant classes moyennes et catégories populaires, constituent le cœur du vote de gauche quimpérois, fidèle à la maire sortante.

Les quartiers populaires : la gauche en force

La carte fait apparaître en rouge (Assih dominante avec Lauwers +12 %) plusieurs bureaux concentrés dans les quartiers populaires du centre-sud : La Tourelle, Kéradennec et une partie de Penhars. Ces zones, qui concentrent l’essentiel du parc de logement social quimpérois, constituent le terrain d’expression privilégié de la liste d’extrême gauche de Marie Lauwers. Le cumul Assih + Lauwers y dépasse largement les 60 %, dessinant une géographie du vote populaire de gauche qui distingue nettement ces quartiers du reste de la commune. C’est dans ces bureaux que l’électorat le plus à gauche de Quimper se manifeste, avec un profil sociologique marqué par la précarité et le logement social.

Le centre-ville disputé : la zone Assih/Menguy

Les bureaux violets (Assih/Menguy serrés) se concentrent dans le centre-ville historique autour de la Cathédrale, dans les quartiers est vers Penvillers et la Gare, ainsi que dans certaines poches du sud-est vers Braden. Cette zone constitue le principal terrain de compétition de l’élection : les écarts y sont faibles, les profils sociologiques plus mixtes, et l’électorat de centre-droit y résiste mieux qu’en périphérie. Le bureau 20, seul bureau à basculer en faveur de Menguy, se situe dans cette zone centrale, probablement dans un quartier résidentiel aisé du centre-est où la droite conserve un ancrage historique.

Les poches bleues : le vote RN résiduel au centre

Quelques bureaux apparaissent en bleu clair (Assih dominante avec Hénaff/RN +12 %), principalement dans des poches du centre-ville et du centre-sud. Ces bureaux, où le vote RN dépasse significativement sa moyenne communale, dessinent une géographie du vote d’extrême droite très localisée et minoritaire à Quimper. Contrairement aux grandes villes du sud de la France où le RN structure des bastions entiers, à Quimper le vote Hénaff reste diffus et ne parvient à dominer dans aucun bureau de vote. Le recul de 617 voix entre les deux tours confirme l’isolement du RN dans la préfecture finistérienne, où une partie de son électorat du premier tour s’est reportée vers l’abstention ou vers Menguy au second tour.

Du premier au second tour : la carte des transferts de voix

Le passage du premier au second tour se lit dans la comparaison des voix. Assih gagne 651 voix (+5,5 %), Menguy 187 voix (+2,3 %), tandis que Hénaff perd 617 voix (−22,3 %) et Lauwers 509 voix (−19,8 %). Dans le même temps, le nombre de votants recule de 446 (de 25.975 à 25.529). Cette arithmétique indique que l’essentiel des voix perdues par les deux listes minoritaires s’est réparti entre l’abstention et un report partiel vers Assih et, dans une moindre mesure, vers Menguy. La progression modeste de Menguy (+187 voix) suggère que les transferts depuis le vote Hénaff vers la droite sont restés très limités, signe que les électorats RN et DVD quimpérois ne communiquent que faiblement.

La participation : un marqueur géographique secondaire

La participation au second tour s’établit à 57,8 %, en léger recul par rapport au premier tour (58,8 %). Ce niveau élevé pour une ville de cette taille traduit un électorat mobilisé mais sans sursaut entre les deux tours, en l’absence de suspense sur l’issue du scrutin. La carte de la participation, superposée aux résultats, ne révèle pas de clivage aussi marqué qu’à Toulon ou dans d’autres villes du sud : à Quimper, la participation reste relativement homogène sur l’ensemble du territoire communal, avec des variations modérées entre les quartiers centraux (participation légèrement supérieure) et les quartiers périphériques populaires (participation légèrement inférieure).

Quimper, ville de l’alternance devenue ville de la continuité

L’enseignement principal de cette élection dépasse la carte : Quimper, qui avait basculé à chaque scrutin municipal depuis trente ans (gauche en 2008, droite en 2014, gauche en 2020), rompt pour la première fois avec cette spirale d’alternance systématique. La réélection d’Isabelle Assih avec un score en progression par rapport à 2020 (49,8 % contre 51,2 % en 2020, mais dans une quadrangulaire contre un duel) traduit un ancrage territorial de la gauche quimpéroise qui dépasse le simple effet sortant. La carte par bureau de vote confirme cette lecture : la domination Assih n’est pas cantonnée à quelques bastions mais couvre l’ensemble du territoire communal, ne laissant à la droite qu’une mince enclave au centre-ville.

Lire la géographie électorale de Quimper quartier par quartier

Cette carte par bureau de vote de Quimper permet de visualiser précisément les résultats électoraux du second tour dans chaque quartier quimpérois : Kermabeuzen, Cathédrale, Ty Rouz, Penhars, Le Merdy, Kerlagatu, La Tourelle, Kéradennec, Penvillers, Cuzon, Gare, Braden, Le Petit Guélen. Cette représentation par bureau de vote constitue l’échelle la plus fine accessible publiquement à partir des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, avant toute modélisation spatiale complémentaire par croisement avec le registre électoral.

Au-delà des municipales : circonscription législative et cantons de Quimper

La commune de Quimper est entièrement comprise dans la 1re circonscription du Finistère, qui sera remise en jeu lors des prochaines élections législatives. Côté départemental, le territoire communal est partagé entre deux cantons : le canton de Quimper-1, qui regroupe la partie ouest de la ville ainsi que les communes de Pluguffan, Plomelin, Plonéis, Guengat, Plogonnec et Locronan, et le canton de Quimper-2, qui couvre la partie est de la ville et la commune d’Ergué-Gabéric. Les prochaines élections départementales auront lieu en mars 2028. Les résultats électoraux par bureau de vote des municipales 2026 constituent un indicateur précieux pour anticiper ces échéances, en identifiant les bureaux disputés du centre-ville où la droite résiste et les périphéries où la gauche domine sans partage.

Géomarketing électoral : du résultat à l’action de terrain à Quimper

Le marketing électoral consiste à transformer ces résultats en stratégie de campagne opérationnelle. À partir d’une carte par bureau de vote comme celle de Quimper, il devient possible de cibler précisément un quartier et d’y réaliser un zoom par rue et par bâtiment, d’identifier les électeurs indécis dans les bureaux où l’écart entre Assih et Menguy ne dépasse pas 5 points, et de savoir où mobiliser les abstentionnistes en repérant les bureaux à faible participation. Cette démarche permet d’organiser un porte-à-porte efficace en priorisant les bureaux à fort enjeu plutôt qu’en quadrillant la ville au hasard, et de produire des résultats électoraux à l’échelle de la rue par croisement avec le registre électoral. C’est l’enjeu central du ciblage en campagne : concentrer le temps militant là où chaque contact compte vraiment.

Pour aller plus loin :

Le géomarketing électoral. Définition, méthodologie et enjeux d’une discipline stratégique

Cibler mieux plutôt que tracter plus

Swing polls & streets : méthodologie pour circonscriptions serrée

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