Municipales 2026 à Castres : la carte des résultats par bureau de vote du second tour

Florian Azéma (Rassemblement national) remporte le second tour des élections municipales 2026 à Castres avec 29,9 % des suffrages et 5.324 voix, devant Guillaume Arcese (Divers centre) à 23,3 % et 4.154 voix, Arnaud Bousquet (Divers droite) à 22,3 % et 3.970 voix, Sahel Beriouni-Poitevineau (Union de la gauche) à 14,4 % et 2.575 voix, et Xavier Bories (Divers droite) à 10,2 % et 1.810 voix. Cette quinquangulaire historique, fruit de l’éclatement de la droite castraise, offre au RN sa première mairie dans le Tarn. Notre carte électorale par bureau de vote détaille la géographie d’une victoire construite sur une implantation massive dans les périphéries ouest et sud, face à une droite et un centre morcelés qui ne parviennent à résister que dans le centre-ville et le nord-est de la commune.

Carte électorale par bureaux de vote à Castres (Occitanie) — élection municipale 2026, second tour

Un premier tour fragmenté : sept listes et aucune dynamique de rassemblement

Le premier tour du 15 mars 2026 installe d’emblée une configuration inédite à Castres. Florian Azéma (RN) prend la tête avec 19,5 % et 3.272 voix, un score qui traduit la percée du Rassemblement national dans une ville où le parti n’avait obtenu que 10,9 % aux municipales de 2020. Derrière lui, quatre candidats de droite et du centre se disputent l’héritage de Pascal Bugis (DVD), maire depuis 2001 qui ne se représente pas. Guillaume Arcese (Divers centre), médecin gériatre et déjà candidat en 2020, obtient 17,3 % et 2.899 voix. Arnaud Bousquet (Divers droite), avocat soutenu par le maire sortant, réalise 16,2 % et 2.712 voix. Jean Terlier (Divers centre, Renaissance), député de la 3e circonscription du Tarn, capte 13,8 % et 2.311 voix. Xavier Bories (Divers droite), ancien adjoint aux finances, réunit 12,8 % et 2.142 voix. Sahel Beriouni-Poitevineau (Union de la gauche, PS) rassemble 12 % et 2.000 voix. Seule Ariane Rosenau (Extrême gauche, LFI-NPA), avec 8,4 % et 1.405 voix, ne se qualifie pas pour le second tour. La participation s’établit à 56,8 % sur 30.623 inscrits.

Le second tour : une quinquangulaire sans précédent

L’entre-deux-tours ne produit qu’une seule fusion : Jean Terlier retire sa liste et rejoint celle d’Arnaud Bousquet. Toutes les autres tentatives de rassemblement échouent. Guillaume Arcese refuse toute alliance, Xavier Bories se maintient malgré les appels au retrait, et Sahel Beriouni-Poitevineau poursuit seul à gauche. Le second tour du 22 mars oppose donc cinq listes dans une configuration rarissime à l’échelle nationale (43 communes seulement connaissent une quinquangulaire en 2026). Florian Azéma l’emporte avec 29,9 % et 5.324 voix, obtenant la prime majoritaire et 28 sièges au conseil municipal sur 43. Guillaume Arcese (23,3 %, 4.154 voix) et Arnaud Bousquet (22,3 %, 3.970 voix) obtiennent chacun 5 sièges, Sahel Beriouni-Poitevineau (14,4 %, 2.575 voix) en décroche 3, et Xavier Bories (10,2 %, 1.810 voix) 2 sièges. La participation progresse à 59,6 % sur 30.619 inscrits, signe d’une mobilisation accrue par l’enjeu du scrutin.

Le fief Azéma : l’arc ouest et sud de la commune

La carte du second tour par bureau de vote dessine une géographie très lisible. Les bureaux bleus (Azéma dominant) couvrent massivement tout l’ouest et le sud de la commune. Sévérac, Sicardens, Lameilhé, le quartier de la Gare et les zones sud autour de la Mairie et de Palique apparaissent en bleu foncé, traduisant des scores Azéma très élevés où le candidat RN domine nettement l’ensemble de ses concurrents. Cette géographie correspond aux quartiers pavillonnaires périphériques de l’ouest, aux zones de logement social du sud-ouest et aux quartiers populaires proches de la gare, socle électoral du Rassemblement national dans les villes moyennes du Midi.

Les bastions Azéma les plus marqués : les marges ouest

Les bureaux bleu foncé les plus intenses se concentrent à l’extrême ouest de la commune, du côté de Sicardens et Sévérac, dans des zones pavillonnaires et rurales périphériques. Ces bureaux, qui affichent les scores Azéma les plus élevés, correspondent à un électorat périurbain où le RN réalise des scores massifs qui traduisent une implantation profonde, bien au-delà du seul vote protestataire.

Le fief Arcese : le centre-ville et la zone nord-est

À l’opposé, les bureaux verts (Arcese dominant ou Arcese/Bousquet partagés) dessinent un bloc qui couvre le centre-ville historique et s’étend vers le nord et le nord-est. Puech Auriol, le nord du Stade Pierre Fabre et les quartiers résidentiels du nord apparaissent en vert clair à vert foncé, traduisant la résistance de l’électorat centriste et de droite modérée dans les zones les plus aisées de la commune. Cette géographie correspond aux quartiers bourgeois du centre historique (les maisons sur l’Agout, la place Jean-Jaurès) et aux zones résidentielles du nord-est, socle traditionnel de la droite républicaine castraise.

La zone orange : le duel Azéma/Arcese dans l’est

Les bureaux orange, concentrés autour de Saint Hippolyte et de la Place Soult, traduisent une configuration de duel Azéma/Arcese où les deux candidats se disputent la première place bureau par bureau. Cette zone est de la commune, entre le stade Pierre Fabre et les quartiers résidentiels de Saint Hippolyte, constitue le principal terrain de bascule de l’élection. Le RN y progresse fortement par rapport à ses scores habituels mais se heurte à la résistance d’un électorat de centre-droit qui préfère Arcese à Bousquet, signe que la fracture entre les deux héritiers de la droite castraise a profité au candidat d’opposition plutôt qu’au dauphin du maire sortant.

Le centre-ville disputé : Mairie, Palique et Gare

La zone centrale autour de la Mairie, de Palique et de la Gare constitue la principale ligne de fracture de la carte. Les bureaux y alternent entre bleu (Azéma), vert (Arcese/Bousquet) et des teintes mixtes, traduisant un vote très partagé où chaque liste capte une fraction différente de l’électorat. On repère notamment une petite poche bleu clair (Azéma/Bousquet) au cœur même du centre-ville, signe que le candidat RN perce jusque dans des quartiers traditionnellement acquis à la droite républicaine. C’est dans cette zone que la dispersion des voix entre Arcese, Bousquet et Bories a produit son effet le plus destructeur pour le camp anti-RN.

La participation : un marqueur géographique

La participation communale du second tour s’établit à 59,6 %, en progression de près de 3 points par rapport au premier tour (56,8 %). Ce différentiel de mobilisation, relativement homogène à l’échelle de la commune, n’a pas suffi à inverser le rapport de force. Dans une quinquangulaire, la mobilisation supplémentaire se répartit entre toutes les listes et ne produit pas l’effet de concentration qu’un duel aurait pu générer. Le différentiel de participation entre les bureaux les plus mobilisés (centre-ville, quartiers résidentiels nord) et les moins mobilisés (périphéries ouest et sud) constitue néanmoins un levier stratégique pour les échéances futures.

Du premier au second tour : l’arithmétique de l’éclatement

Le passage du premier au second tour illustre parfaitement la mécanique de la division. Au premier tour, le score cumulé des quatre candidats de droite et du centre (Arcese + Bousquet + Terlier + Bories) atteint 60,1 %, soit un potentiel théorique écrasant face aux 19,5 % d’Azéma. Au second tour, malgré la fusion Bousquet-Terlier, le score cumulé Arcese + Bousquet + Bories n’atteint que 55,7 %, tandis qu’Azéma bondit à 29,9 %. La progression de 10,4 points du candidat RN entre les deux tours indique que ce dernier a capté une fraction significative de l’électorat Rosenau (extrême gauche, éliminée) et des abstentionnistes du premier tour, tout en bénéficiant de la dispersion persistante du vote de droite. La prime majoritaire, qui attribue la moitié des sièges à la liste arrivée en tête, transforme un score de 29,9 % en une majorité absolue de 28 sièges sur 43, soit le paradoxe d’une mairie conquise avec moins d’un tiers des suffrages exprimés.

Lire la géographie électorale de Castres quartier par quartier

Cette carte par bureau de vote de Castres permet de visualiser précisément les résultats électoraux du second tour dans chaque quartier castrais : Sicardens, Sévérac, Lameilhé, Gare, Mairie, Palique, Puech Auriol, Stade Pierre Fabre, Saint Hippolyte, Place Soult. Cette représentation par bureau de vote constitue l’échelle la plus fine accessible publiquement à partir des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, avant toute modélisation spatiale complémentaire par croisement avec le registre électoral.

Au-delà des municipales : circonscriptions législatives et cantons de Castres

La commune de Castres est partagée entre deux circonscriptions législatives du Tarn. La 1re circonscription du Tarn, couvrant une partie de la commune (et s’étendant vers Albi), et la 3e circonscription du Tarn, couvrant l’autre partie de la commune ainsi que Lavaur, Mazamet et le sud du département, seront remises en jeu lors des prochaines élections législatives. Côté départemental, le territoire communal est découpé en trois cantons (Castres-1, Castres-2 et Castres-3), dont les prochaines élections départementales auront lieu en mars 2028. Les résultats électoraux par bureau de vote des municipales 2026 constituent un indicateur précieux pour anticiper ces échéances, en identifiant les bureaux disputés du centre-ville où la droite modérée résiste et les zones ouest et sud où le RN a franchi un palier historique.

Géomarketing électoral : du résultat à l’action de terrain à Castres

Le marketing électoral consiste à transformer ces résultats en stratégie de campagne opérationnelle. À partir d’une carte par bureau de vote comme celle de Castres, il devient possible de cibler précisément un quartier et d’y réaliser un zoom par rue et par bâtiment, d’identifier les électeurs indécis dans les bureaux où l’écart entre les candidats ne dépasse pas 5 points, et de savoir où mobiliser les abstentionnistes en repérant les bureaux à faible participation. Cette démarche permet d’organiser un porte-à-porte efficace en priorisant les bureaux à fort enjeu plutôt qu’en quadrillant la ville au hasard, et de produire des résultats électoraux à l’échelle de la rue par croisement avec le registre électoral. C’est l’enjeu central du ciblage en campagne : concentrer le temps militant là où chaque contact compte vraiment.

Pour aller plus loin :

Le géomarketing électoral. Définition, méthodologie et enjeux d’une discipline stratégique

Cibler mieux plutôt que tracter plus

Swing polls & streets : méthodologie pour circonscriptions serrée

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