Jean-Luc Moudenc (Divers droite, maire sortant) remporte le second tour des élections municipales 2026 à Toulouse avec 53,9 % des suffrages et 92.152 voix, face à François Piquemal (Divers gauche, liste de fusion LFI-PS) à 46,1 % et 78.925 voix. Ce duel du second tour faisait suite à un premier tour fragmenté où Moudenc avait devancé Piquemal (LFI, 27,6 %) et François Briançon (Union de la gauche/PS, 25 %), dont les listes avaient fusionné entre les deux tours. Notre carte électorale par bureau de vote détaille la géographie d’une ville coupée par la Garonne, entre un ouest et un nord massivement acquis au maire sortant et des poches de résistance de la gauche concentrées dans le centre, le sud-est et les quartiers populaires.

Un second tour en duel : Moudenc conforté malgré l’union de la gauche
Le second tour des municipales 2026 à Toulouse oppose Jean-Luc Moudenc (Divers droite), candidat à un troisième mandat consécutif, à François Piquemal (Divers gauche), à la tête d’une liste de fusion rassemblant La France Insoumise, le Parti socialiste, les Écologistes, Génération.s, le PCF et le NPA. Cette union, scellée dès le lendemain du premier tour, additionnait arithmétiquement plus de 52 % des suffrages du 15 mars. Pourtant, le report de voix ne s’opère pas intégralement : Moudenc l’emporte avec 53,9 %, soit un écart de près de 8 points et plus de 13.000 voix d’avance. Le « paradoxe toulousain », ville ancrée à gauche aux scrutins nationaux mais gouvernée à droite depuis un demi-siècle (hors la parenthèse 2008-2014), survit une nouvelle fois à l’épreuve des urnes.
Le fief Moudenc : l’ouest, le nord-ouest et la périphérie
La carte par bureau de vote du second tour traduit visuellement une domination géographique très nette du maire sortant. Les bureaux bleu clair à bleu foncé (Moudenc 55 % à plus de 70 %) couvrent massivement toute la rive gauche nord et ouest : Sept Deniers, Purpan, Lardenne, Zenith, Saint-Cyprien ouest, Saint-Simon, ainsi qu’une large bande nord allant de Minimes à Trois Cocus et Borderouge. À l’est de la Garonne, les quartiers de Jolimont, Côte Pavée et Montaudran complètent cette nappe bleue quasi continue. Moudenc y réalise des scores souvent supérieurs à 60 %, et dépasse régulièrement les 70 % dans les bureaux périphériques de l’ouest (Sept Deniers, Purpan) et du nord-ouest. Ce socle électoral, ancré dans les quartiers pavillonnaires, les zones résidentielles aisées de la rive gauche et les secteurs périurbains récents, constitue le réservoir de voix décisif qui permet au maire sortant de résister à l’union de la gauche.
Le centre disputé : la bande rose du Capitole aux Carmes
L’élément central de la carte réside dans la zone rose (Moudenc/Piquemal, écart inférieur à 10 points) qui traverse le cœur de la ville. Les bureaux du Capitole, des Carmes et de Matabiau apparaissent dans cette teinte intermédiaire, signalant un rapport de force serré où aucun camp ne domine nettement. Cette bande centrale constitue la zone tampon entre le Toulouse de droite et le Toulouse de gauche, là où les reports de voix entre les deux tours ont produit les écarts les plus faibles. Le centre historique, sociologiquement mixte, mêlant étudiants, cadres, professions intermédiaires et habitants de longue date, reste le terrain le plus disputé de la commune.
La percée Piquemal : le sud-est et les quartiers populaires
François Piquemal (Divers gauche) réalise ses meilleurs scores dans une géographie bien identifiable sur la carte. Les bureaux orange à rouge (Piquemal 55 % à plus de 70 %) se concentrent dans le sud-est de la commune : Rangueil, Pouvourville, Croix de Pierre, Stadium, ainsi que dans le quartier du Mirail sur la rive gauche. Les bureaux les plus rouges, où Piquemal dépasse les 70 %, correspondent aux quartiers d’habitat social les plus denses de Toulouse, notamment le Mirail et certains bureaux du sud autour d’Empalot. Cette géographie du vote Piquemal dessine le socle électoral de la gauche toulousaine, ancré dans les quartiers populaires, les zones de logement social et les secteurs à forte composante étudiante du sud de la ville. La fusion des listes LFI et PS a manifestement fonctionné dans ces territoires, où les scores de gauche au second tour dépassent nettement l’addition des premiers tours.
La rive gauche coupée en deux : Saint-Cyprien et le Mirail
La rive gauche de la Garonne offre un contraste saisissant. Au nord et à l’ouest, les quartiers pavillonnaires de Lardenne, Purpan et Sept Deniers votent massivement Moudenc (bleu foncé). Au sud, le Mirail et Saint-Simon sud basculent tout aussi nettement pour Piquemal (rouge vif). Entre les deux, Saint-Cyprien apparaît en teinte intermédiaire, partagé entre les deux candidats. Cette rive gauche coupée en deux illustre la fracture socio-spatiale qui structure le vote toulousain : quartiers aisés au nord et à l’ouest, quartiers populaires au sud, avec une frontière électorale qui épouse presque exactement la frontière sociologique.
Le nord-est : la poche bleue de Jolimont à Borderouge
Au nord-est de la Garonne, les quartiers de Borderouge, Trois Cocus et Jolimont forment une poche bleue continue où Moudenc dépasse confortablement les 55 %. Cette zone, caractérisée par un habitat mixte mêlant pavillonnaire récent et résidences de standing, confirme l’ancrage de la droite dans les quartiers est de la ville, un phénomène déjà lisible au premier tour. L’électorat de Julien Leonardelli (RN, 5,4 % au premier tour), bien que faible en volume, semble s’être reporté majoritairement sur Moudenc dans ces bureaux nord et est, contribuant à consolider l’avance du maire sortant.
Les bureaux les plus disputés : la carte des marges
Les bureaux roses (Moudenc/Piquemal, écart inférieur à 10 points) dessinent la zone d’incertitude maximale de cette élection. On les retrouve dans le centre (Capitole, Carmes, Matabiau), dans certains bureaux de transition entre quartiers aisés et quartiers populaires, et dans quelques poches isolées de la rive gauche. C’est dans ces bureaux que le résultat s’est joué : si le report PS vers Piquemal avait été intégral dans ces zones intermédiaires, l’écart final aurait pu se réduire considérablement. L’analyse bureau par bureau montre que la déperdition de voix entre le total arithmétique des gauches au premier tour et le score Piquemal au second tour se concentre précisément dans ces bureaux centraux, où une fraction de l’électorat Briançon (PS) a préféré Moudenc ou l’abstention à la liste de fusion emmenée par LFI.
Du premier au second tour : la dynamique des reports
Le premier tour avait dessiné un paysage à trois blocs : Moudenc à 37,2 % (58.462 voix), Piquemal (LFI) à 27,6 % (43.274 voix) et Briançon (PS/Gauche unie) à 25 % (39.245 voix), les autres listes se partageant moins de 10 % des suffrages, dont Leonardelli (RN) à 5,4 % (8.447 voix). L’addition des voix Piquemal et Briançon au premier tour dépassait les 82.000, soit davantage que les 78.925 voix obtenues par la liste de fusion au second tour. Ce différentiel d’environ 3.500 voix traduit une déperdition limitée mais suffisante, combinée au report quasi intégral du vote Leonardelli et des petites listes vers Moudenc, pour assurer la victoire du maire sortant.
Lire la géographie électorale de Toulouse quartier par quartier
Cette carte par bureau de vote de Toulouse permet de visualiser précisément les résultats électoraux du second tour dans chaque quartier toulousain : Sept Deniers, Purpan, Minimes, Trois Cocus, Borderouge, Jolimont, Matabiau, Capitole, Carmes, Côte Pavée, Lardenne, Zenith, Saint-Cyprien, Mirail, Saint-Simon, Croix de Pierre, Stadium, Pouvourville, Rangueil, Montaudran. Cette représentation par bureau de vote constitue l’échelle la plus fine accessible publiquement à partir des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, avant toute modélisation spatiale complémentaire par croisement avec le registre électoral.
Au-delà des municipales : circonscriptions législatives et cantons de Toulouse
La commune de Toulouse est partagée entre cinq circonscriptions législatives de la Haute-Garonne : la 1re circonscription (nord-ouest, incluant Blagnac), la 2e circonscription (nord-est), la 3e circonscription (est, incluant Balma), la 4e circonscription (centre et sud) et la 9e circonscription (sud-ouest). Côté départemental, le territoire communal est découpé entre onze cantons (Toulouse-1 à Toulouse-11), dont les prochaines élections départementales auront lieu en 2028. Les résultats électoraux par bureau de vote des municipales 2026 constituent un indicateur précieux pour anticiper ces échéances, en identifiant les bureaux disputés du centre-ville où gauche et droite s’affrontent à moins de 10 points et les poches de gauche en progression dans les quartiers populaires du sud et de la rive gauche.
Géomarketing électoral : du résultat à l’action de terrain à Toulouse
Le marketing électoral consiste à transformer ces résultats en stratégie de campagne opérationnelle. À partir d’une carte par bureau de vote comme celle de Toulouse, il devient possible de cibler précisément un quartier et d’y réaliser un zoom par rue et par bâtiment, d’identifier les électeurs indécis dans les bureaux où aucun candidat ne dépasse 55 %, et de savoir où mobiliser les abstentionnistes en repérant les bureaux à faible participation. Cette démarche permet d’organiser un porte-à-porte efficace en priorisant les bureaux à fort enjeu plutôt qu’en quadrillant la ville au hasard, et de produire des résultats électoraux à l’échelle de la rue par croisement avec le registre électoral. C’est l’enjeu central du ciblage en campagne : concentrer le temps militant là où chaque contact compte vraiment.
Pour aller plus loin :
→ Comment cibler les électeurs en campagne électorale ?
→ Comment mobiliser les abstentionnistes lors d’un scrutin local ?
→ Comment organiser un porte-à-porte efficace en campagne électorale ?
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