Serge Grouard (Divers droite, maire sortant) domine le premier tour des élections municipales 2026 à Orléans avec 40,6 % des suffrages et 13.108 voix, loin devant Baptiste Chapuis (Union de la gauche) à 16,2 % et 5.245 voix, Jean-Philippe Grand (Divers gauche) à 11,7 % et 4.212 voix, Caroline Janvier (Divers centre) à 8,6 % et 2.785 voix, et Valentin Pelé (La France Insoumise) à 8,2 % et 2.659 voix. Au second tour, Grouard est réélu avec 57,8 % face à Chapuis (42,2 %), à la tête d’une liste fusionnée avec Grand. Notre carte électorale par bureau de vote détaille la géographie d’une ville où la droite écrase le nord et le centre, tandis que la gauche ne résiste que dans le sud, de La Source à l’Orée de Sologne.

Un premier tour sans suspense : Grouard en tête partout ou presque
Serge Grouard (Divers droite), maire d’Orléans depuis 2001 (à l’exception de la parenthèse 2015-2018), prend la tête du premier tour avec 40,6 %, un score qui frise la majorité relative et qui traduit une emprise territoriale exceptionnelle pour une ville de plus de 100.000 habitants. Face à lui, Baptiste Chapuis (Union de la gauche) ne rassemble que 16,2 %, un score de qualification qui illustre la difficulté structurelle de la gauche orléanaise à peser face au maire sortant. Jean-Philippe Grand (Divers gauche), à 11,7 %, confirme l’existence d’un électorat écologiste et citoyen distinct du bloc socialiste, tandis que Caroline Janvier (Divers centre) à 8,6 % et Valentin Pelé (LFI) à 8,2 % ne franchissent pas la barre de qualification. Le Rassemblement national, représenté par Tiffanie Rabault (7,2 %), Reconquête par Isabelle Lamarque (2,2 %), Grégory Meyer (Divers centre) (3 %) et Farida Megdoud (Lutte ouvrière) (0,9 %) complètent un plateau à neuf listes. Fait remarquable : Grouard arrive en tête dans la quasi-totalité des bureaux de vote, à l’exception de trois bureaux où Grand (BV 41 et 59) et Pelé (BV 58) le devancent.
Le fief Grouard : une domination nord massive
La carte par bureau de vote traduit visuellement une géographie sans ambiguïté. Les bureaux bleu foncé (Grouard dominant à plus de 50 %) couvrent une large bande nord allant des Murlins à Belneuf en passant par la Gare, Barrière Saint Marc et l’Argonne. Cette nappe bleu intense dessine le socle électoral du maire sortant, ancré dans les quartiers résidentiels du nord de la Loire, les zones pavillonnaires de Châteaudun-Bannier et les quartiers bourgeois de la rive droite. Grouard y réalise des scores écrasants, régulièrement supérieurs à 50 %, qui assurent à eux seuls une avance en voix difficilement rattrapable. Les bureaux bleu clair (Grouard dominant sans dépasser 50 %) prolongent cette emprise vers le centre et les franges nord-est, confirmant que l’essentiel de la commune au nord de la Loire constitue un terrain acquis au maire sortant.
Le centre disputé : le triangle Grouard/Chapuis/Grand
L’élément le plus intéressant de la carte réside dans la zone centrale, autour du Châtelet et de la Cathédrale. Les bureaux roses (mixte Chapuis/Grouard ou Grand/Grouard) signalent une zone de transition où le vote Grouard reste majoritaire mais où la gauche, sous ses différentes étiquettes, parvient à contester son hégémonie. Cette frange centrale constitue la zone tampon entre le nord acquis à la droite et le sud contesté par la gauche. Les bureaux rose clair (Chapuis/Grouard) et rose soutenu (Grand/Grouard) y alternent, traduisant un électorat partagé entre un vote de gestion favorable au maire sortant et une aspiration au changement portée tantôt par le PS, tantôt par les écologistes.
La poche Janvier/Grouard : le centrisme du nord-ouest
Au nord-ouest, les bureaux de La Madeleine et Soleil Levant présentent un profil légèrement distinct, avec un vote Janvier plus marqué qu’ailleurs en complément du vote Grouard. Cette poche identifie un électorat de centre-droit et de centre-gauche modéré, sensible au positionnement de l’ancienne députée Renaissance, dans des quartiers où le macronisme conserve une assise résiduelle. L’absence de Janvier au second tour pose la question du report de ces voix : l’essentiel s’est manifestement dirigé vers Grouard, contribuant à son score de 57,8 %.
Le sud de la Loire : le dernier bastion de la gauche
La partie sud de la commune présente une géographie électorale radicalement différente. Le quartier de La Source, le plus vaste et le plus peuplé du sud orléanais, apparaît en rouge vif sur la carte, signalant les seuls bureaux où la gauche (sous ses différentes composantes) dépasse ou talonne Grouard. Les bureaux rouges (gauche dominante) se concentrent dans le cœur de La Source, principal quartier d’habitat social d’Orléans, où Pelé (LFI) réalise son unique percée (BV 58) et où Chapuis et Grand cumulent un électorat de gauche significatif. C’est dans cette zone que la fusion Chapuis-Grand au second tour a produit ses effets les plus nets, sans toutefois suffire à inverser le rapport de force communal.
La zone violette : Gauche/Grouard au Parc Floral et à l’Orée de Sologne
Entre La Source et l’Orée de Sologne, les bureaux violets (mixte Gauche/Grouard) dessinent une zone intermédiaire où le vote de gauche reste substantiel mais où Grouard conserve une présence significative. Le Parc Floral et l’Orée de Sologne constituent des quartiers au profil sociologique mixte, entre habitat social et zones pavillonnaires récentes, où aucun camp ne domine nettement. Au second tour, ces bureaux ont constitué le principal champ de bataille, là où les reports Pelé et Janvier vers l’un ou l’autre camp ont pesé sur les marges.
La percée LFI : un seul bureau, un signal politique
Valentin Pelé (LFI) ne domine qu’un seul bureau de vote (BV 58, au cœur de La Source), un résultat qui traduit la concentration extrême de l’électorat insoumis dans le principal quartier populaire d’Orléans. Avec 8,2 % à l’échelle communale, LFI reste marginale en dehors de La Source, confirmant la difficulté du mouvement à s’implanter dans une ville-centre de taille moyenne dominée par la droite. Le refus de la fusion avec Chapuis-Grand au second tour a privé la gauche d’un apport de voix non négligeable dans les bureaux sud, même si l’essentiel de l’électorat Pelé s’est vraisemblablement reporté sur la liste d’union.
Le vote RN : diffus et contenu
Tiffanie Rabault (RN) réalise 7,2 % à l’échelle communale, un score qui ne lui permet de dominer aucun bureau de vote et qui se distribue de manière diffuse sur l’ensemble de la commune. La carte ne fait apparaître aucune zone de couleur propre au RN, signe que le vote d’extrême droite à Orléans reste un vote d’appoint, présent partout mais dominant nulle part. Combiné aux 2,2 % de Reconquête, le vote d’extrême droite atteint certes 9,4 %, mais cette masse s’est très probablement reportée sur Grouard au second tour, contribuant à l’écart final de près de 16 points. L’élimination du RN dès le premier tour, dans une ville où le parti avait siégé au conseil municipal avant 2020, constitue un recul relatif de son implantation dans la ville-centre, contrastant avec ses victoires à Montargis et Amilly dans le même département.
Le second tour : une gauche unie mais insuffisante
Au second tour, la fusion Chapuis-Grand sous la bannière « Rassembler Orléans et OSE, l’union de la gauche et des écologistes » n’a pas suffi à renverser la dynamique. Serge Grouard l’emporte avec 57,8 % et 17.320 voix contre 42,2 % pour Baptiste Chapuis. La participation, à 46,5 %, reste modeste. La gauche réalise néanmoins ce que Chapuis qualifie lui-même de « meilleur score de la gauche depuis 25 ans à Orléans », signe que la dynamique unitaire a fonctionné en termes de rassemblement, mais que le rapport de force structurel reste défavorable dans une ville que Grouard a remportée à chaque scrutin depuis 2001.
Les bureaux les plus disputés : la carte des enjeux du second tour
Les bureaux du Châtelet, de la Cathédrale, du Parc Floral et de l’Orée de Sologne ont constitué les principales zones disputées au second tour. C’est dans ces bureaux de transition, entre le nord acquis à Grouard et le sud acquis à la gauche, que les reports de voix Janvier, Pelé et Rabault ont déterminé les marges finales. La capacité de la gauche à progresser à Orléans passera par une reconquête de ces bureaux intermédiaires, là où chaque contact militant produit le plus d’effet.
Lire la géographie électorale d’Orléans quartier par quartier
Cette carte par bureau de vote d’Orléans permet de visualiser précisément les résultats électoraux du premier tour dans chaque quartier orléanais : Les Murlins, Châteaudun-Bannier, Gare, Barrière Saint Marc, Belneuf, Argonne, La Madeleine, Soleil Levant, Châtelet, Cathédrale, Saint Marceau, CO’Met, Parc Floral, La Source, Orée de Sologne. Cette représentation par bureau de vote constitue l’échelle la plus fine accessible publiquement à partir des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, avant toute modélisation spatiale complémentaire par croisement avec le registre électoral.
Au-delà des municipales : circonscriptions législatives et cantons d’Orléans
La commune d’Orléans est partagée entre trois circonscriptions législatives du Loiret. La 1re circonscription, couvrant le sud de la Loire (Saint-Marceau, La Source), a fait l’objet d’une élection législative partielle en janvier 2026 remportée par Stéphanie Rist. La 2e circonscription, couvrant le nord-ouest de la commune (Bannier, parties nord vers Saran et Saint-Jean-de-la-Ruelle), et la 6e circonscription, couvrant le nord-est (Bourgogne, Saint-Marc-Argonne, vers Saint-Jean-de-Braye), seront remises en jeu lors des prochaines élections législatives. Côté départemental, le territoire communal est découpé entre quatre cantons (Orléans-1, Orléans-2, Orléans-3 et Orléans-4), dont les prochaines élections départementales auront lieu en 2028. Les résultats électoraux par bureau de vote des municipales 2026 constituent un indicateur précieux pour anticiper ces échéances, en identifiant les bureaux disputés du centre et du sud orléanais où droite et gauche s’affrontent et les poches de gauche en résistance dans les quartiers populaires.
Géomarketing électoral : du résultat à l’action de terrain à Orléans
Le marketing électoral consiste à transformer ces résultats en stratégie de campagne opérationnelle. À partir d’une carte par bureau de vote comme celle d’Orléans, il devient possible de cibler précisément un quartier et d’y réaliser un zoom par rue et par bâtiment, d’identifier les électeurs indécis dans les bureaux où aucun candidat ne dépasse 30 %, et de savoir où mobiliser les abstentionnistes en repérant les bureaux à faible participation. Cette démarche permet d’organiser un porte-à-porte efficace en priorisant les bureaux à fort enjeu plutôt qu’en quadrillant la ville au hasard, et de produire des résultats électoraux à l’échelle de la rue par croisement avec le registre électoral. C’est l’enjeu central du ciblage en campagne : concentrer le temps militant là où chaque contact compte vraiment.
Pour aller plus loin :
→ Comment cibler les électeurs en campagne électorale ?
→ Comment mobiliser les abstentionnistes lors d’un scrutin local ?
→ Comment organiser un porte-à-porte efficace en campagne électorale ?
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