Louis Aliot (Rassemblement national, maire sortant) est réélu dès le premier tour des élections municipales 2026 à Perpignan avec 50,6 % des suffrages et 16.835 voix, devançant très largement Agnès Langevine (Divers gauche) à 15,9 % et 5.303 voix, Bruno Nougayrède (Union de la droite) à 13,5 % et 4.475 voix, Mickaël Idrac (La France Insoumise) à 9,6 % et 3.193 voix, et Mathias Blanc (Divers gauche) à 8,9 % et 2.973 voix. Notre carte électorale par bureau de vote détaille la géographie d’une ville où le maire sortant domine la quasi-totalité du territoire communal, ne concédant qu’un seul bureau de vote à l’opposition.

Une victoire dès le premier tour : Aliot au-dessus de la majorité absolue
Louis Aliot (RN), maire de Perpignan depuis 2020, franchit la barre des 50 % dès le premier tour, un résultat qui le place parmi les maires de grandes villes les plus nettement réélus du scrutin 2026. Face à lui, l’opposition se présente fragmentée en quatre listes qui ne parviennent pas, même additionnées, à constituer une alternative crédible. Agnès Langevine (DVG) incarne la principale force d’opposition à 15,9 %, un score qui traduit la difficulté de la gauche à exister face au RN dans une ville où elle détenait encore la mairie jusqu’en 2020. Bruno Nougayrède (UD) ne rassemble que 13,5 % sur un créneau de droite classique directement concurrencé par le positionnement du maire sortant. Mickaël Idrac (LFI) à 9,6 % et Mathias Blanc (DVG) à 8,9 % complètent un paysage de gauche éclaté en trois listes qui, à elles trois, ne totalisent que 34,4 % des voix, soit moins que le score Aliot à lui seul. Cette fragmentation de l’opposition constitue l’un des facteurs structurels de la victoire dès le premier tour.
La nappe bleue : Aliot en tête dans tous les bureaux sauf un
La carte par bureau de vote traduit visuellement une domination territoriale sans équivalent parmi les grandes villes françaises. Les bureaux bleu foncé (Aliot au-dessus de 50 %) couvrent la quasi-totalité du territoire communal : Bas Vernet, Saint Jean, Clos Banet, Saint Vicens, Gare, Saint Martin, Moulin à Vent, Porta d’Espanya et l’ensemble des quartiers périphériques nord, est et sud. Cette nappe bleue quasi continue dessine un socle électoral massif, ancré aussi bien dans les quartiers pavillonnaires du nord et de l’est que dans les grands ensembles du sud et les zones périphériques de la commune. Aliot y réalise des scores souvent très supérieurs à 50 %, confirmant un ancrage qui dépasse largement le seul électorat RN traditionnel pour capter une part significative de l’électorat de droite classique et des catégories populaires.
Le centre-ville : la seule zone de résistance
L’élément le plus frappant de la carte réside dans le centre historique de Perpignan, entre Clodion Torcatis, le Stade Aimé Giral et le Stade Gilbert Brutus. Les bureaux rouges (gauche dominante) et roses (Langevine en tête ou en position forte) se concentrent dans une poche très circonscrite du centre-ville, formant la seule zone où le maire sortant ne domine pas. C’est dans cette poche que se situe le seul bureau de vote où Aliot n’arrive pas en tête, le bureau de vote 615 remporté par Agnès Langevine. Ce bureau constitue un isolat de résistance au sein d’une mer bleue, probablement situé dans un quartier à forte densité de logement social ou à profil sociologique très marqué à gauche. Les bureaux roses (mixte gauche/Aliot) qui entourent cette poche confirment que la transition entre zone de résistance et zone Aliot se fait sur quelques centaines de mètres à peine.
La percée LFI et DVG : limitée au cœur dense
Mickaël Idrac (LFI) et Mathias Blanc (DVG) réalisent leurs meilleurs scores dans les bureaux du centre-ville, dans la même zone que Langevine. Les bureaux rouges identifiables autour de Clodion Torcatis et du Stade Aimé Giral traduisent une implantation insoumise et de gauche concentrée dans les quartiers les plus populaires du centre, là où la densité de population et la proportion de logement social sont les plus élevées. Cette concentration extrême de l’électorat de gauche dans un périmètre très restreint explique à la fois la visibilité de la gauche dans le centre-ville et son incapacité totale à peser sur le résultat communal global. Même en additionnant les trois listes de gauche, la majorité des bureaux du centre restent en dessous du score Aliot dans les quartiers périphériques.
La bande Nougayrède/Aliot : le nord-ouest et la transition droite/RN
Au nord-ouest, les bureaux bleu clair (mixte Nougayrède/Aliot) identifiables autour de Saint Assiscle dessinent une zone où la droite classique réalise ses meilleurs scores, en complément du vote Aliot. Bruno Nougayrède y capte un électorat de droite modérée qui ne se reconnaît pas pleinement dans le RN mais qui ne bascule pas pour autant vers la gauche. Cette zone de transition, sociologiquement plus pavillonnaire et plus âgée que le centre-ville, confirme que le principal réservoir de voix de droite non-RN se situe dans les quartiers résidentiels du nord-ouest, sans toutefois constituer une masse suffisante pour contester la domination du maire sortant.
Le sud et l’est : les fiefs Aliot les plus marqués
Les quartiers sud (Moulin à Vent, Porta d’Espanya, Saint Martin) et est (Clos Banet, Saint Vicens) constituent les zones où Aliot réalise ses scores les plus élevés, souvent au-delà de 55 %. Le Moulin à Vent, grand ensemble construit dans les années 1960 pour accueillir les rapatriés d’Algérie, constitue historiquement un terrain favorable au RN et confirme cette tendance en 2026. Saint Martin, en bordure sud de la commune, et Clos Banet à l’est affichent un profil similaire de quartiers périphériques où le vote Aliot absorbe à la fois l’ancien électorat de droite et une partie significative des catégories populaires. La domination y est telle que les quatre listes d’opposition combinées n’y atteignent que rarement 40 %.
Le Bas Vernet et Saint Jean : la rive nord sous domination RN
Au nord du Têt, le Bas Vernet et Saint Jean apparaissent en bleu sur la carte, confirmant que la rive gauche de la Têt vote massivement pour le maire sortant. Ces quartiers, qui comptent parmi les plus défavorisés de la commune, illustrent un phénomène caractéristique de la géographie électorale perpignanaise : le RN y domine largement malgré (ou en raison de) un profil sociologique de quartiers populaires, à rebours du schéma classique observé dans d’autres villes françaises où les quartiers populaires votent majoritairement à gauche. Cette configuration fait de Perpignan un cas d’étude singulier en géographie électorale urbaine.
Un bureau, un symbole : le BV 615 et l’isolement de la gauche perpignanaise
Le bureau de vote 615, seul bureau remporté par Agnès Langevine, constitue le symbole le plus frappant de la carte. Dans une ville de plus de 120.000 habitants comptant plusieurs dizaines de bureaux de vote, le fait qu’un seul bureau échappe au maire sortant traduit une domination électorale quasi totale. Ce bureau isolé, situé dans le centre historique, incarne à lui seul la situation de la gauche perpignanaise en 2026 : une présence réelle mais cantonnée à un micro-territoire, sans capacité de rayonnement vers les quartiers périphériques qui constituent l’essentiel du corps électoral.
Lire la géographie électorale de Perpignan quartier par quartier
Cette carte par bureau de vote de Perpignan permet de visualiser précisément les résultats électoraux du premier tour dans chaque quartier perpignanais : Bas Vernet, Saint Jean, Clos Banet, Saint Vicens, Saint Assiscle, Gare, Stade Gilbert Brutus, Stade Aimé Giral, Clodion Torcatis, Palais des Rois de Majorque, Moulin à Vent, Porta d’Espanya, Saint Martin. Cette représentation par bureau de vote constitue l’échelle la plus fine accessible publiquement à partir des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, avant toute modélisation spatiale complémentaire par croisement avec le registre électoral.
Au-delà des municipales : circonscriptions législatives et cantons de Perpignan
La commune de Perpignan est partagée entre deux circonscriptions législatives des Pyrénées-Orientales. La 1re circonscription, couvrant le centre et le sud de Perpignan ainsi que Cabestany, Canohès et les communes voisines, et la 2e circonscription, couvrant le nord de la commune ainsi que Bompas, Sainte-Marie, Rivesaltes et les communes du littoral nord, seront remises en jeu lors des prochaines élections législatives. Côté départemental, le territoire communal est découpé entre six cantons (Perpignan-1 à Perpignan-6), dont les prochaines élections départementales auront lieu en 2028. Les résultats électoraux par bureau de vote des municipales 2026 constituent un indicateur précieux pour anticiper ces échéances, en identifiant la domination RN sur la quasi-totalité du territoire communal et la poche de résistance de la gauche dans le centre historique.
Géomarketing électoral : du résultat à l’action de terrain à Perpignan
Le marketing électoral consiste à transformer ces résultats en stratégie de campagne opérationnelle. À partir d’une carte par bureau de vote comme celle de Perpignan, il devient possible de cibler précisément un quartier et d’y réaliser un zoom par rue et par bâtiment, d’identifier les électeurs indécis dans les bureaux où le score Aliot est le plus faible, et de savoir où mobiliser les abstentionnistes en repérant les bureaux à faible participation. Cette démarche permet d’organiser un porte-à-porte efficace en priorisant les bureaux à fort enjeu plutôt qu’en quadrillant la ville au hasard, et de produire des résultats électoraux à l’échelle de la rue par croisement avec le registre électoral. C’est l’enjeu central du ciblage en campagne : concentrer le temps militant là où chaque contact compte vraiment.
Pour aller plus loin :
→ Comment cibler les électeurs en campagne électorale ?
→ Comment mobiliser les abstentionnistes lors d’un scrutin local ?
→ Comment organiser un porte-à-porte efficace en campagne électorale ?
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