Arnaud Deslandes (Union de la gauche, maire sortant) arrive en tête du premier tour des élections municipales 2026 à Lille avec 26,3 % des suffrages et 16.948 voix, devançant Lahouaria Addouche (La France Insoumise) qui obtient 23,4 % et 15.076 voix, Stéphane Baly (Écologiste) 17,8 % et 11.455 voix, Violette Spillebout (Renaissance) 11,1 % et 7.189 voix, et Matthieu Valet (Rassemblement national) 10,9 % et 7.049 voix. Notre carte électorale par bureau de vote détaille la géographie éclatée de ce premier tour où la gauche lilloise se présente divisée en trois listes, dans la première élection municipale post-Aubry.
Premier tour : neuf candidats, une gauche fragmentée en trois listes
Au premier tour, neufs candidats principaux étaient en lice à Lille dans un scrutin marqué par la première élection post-Martine Aubry, démissionnaire en mars 2025 après 24 ans de mandat, et remplacée par son premier adjoint Arnaud Deslandes. Le maire sortant (Parti socialiste, Union de la gauche avec soutien des écologistes dissidents et du PCF lors de la constitution initiale) termine en tête avec 26,3 % des suffrages et 16.948 voix. Lahouaria Addouche (La France Insoumise), suppléante du député Aurélien Le Coq dans la 1re circonscription du Nord, le talonne avec 23,4 % et 15.076 voix, signant une percée LFI dans une ville traditionnellement socialiste. Stéphane Baly (Écologiste), déjà candidat en 2020 à seulement 227 voix du second tour, recueille 17,8 % et 11.455 voix. Violette Spillebout (Renaissance), députée de la 9e circonscription du Nord, totalise 11,1 % et 7.189 voix, en retrait net par rapport aux sondages pré-électoraux. Matthieu Valet (Rassemblement national), eurodéputé, ferme le peloton des principaux candidats avec 10,9 % et 7.049 voix. Louis Delemer (LR) et d’autres candidats complètent le scrutin sans peser significativement. Cette fragmentation de la gauche en trois listes distinctes (UG/PS-Baly-LFI) ouvre une configuration inédite pour un second tour lillois.

Les bastions Deslandes (UG) au premier tour : est lillois, Hellemmes, Fives et Lomme Bourg
Arnaud Deslandes domine au premier tour sur plusieurs zones distinctes de la commune, identifiables en rose clair sur la carte par bureau de vote. Son socle électoral le plus marqué se situe à Hellemmes à l’est, à Fives, dans une partie du Vieux Lille, du Grand Place et de la République au centre, ainsi que sur Lomme Bourg et le secteur de Mitterie à l’ouest. Les bureaux en rose pâle (Deslandes simple) couvrent une large partie de la Mairie de Lomme, du Marais, de Bois Blancs, de Lille Flandres et de Madeleine-Caulier. Cette répartition témoigne d’un ancrage socialiste historique préservé dans les quartiers résidentiels de l’est et de l’ouest lillois, mais concurrencé au centre par les listes écologiste et LFI.
Les bastions Addouche (LFI) au premier tour : Wazemmes, Moulins, Lille Sud et Porte de Douai
Lahouaria Addouche arrive en tête sur une large moitié sud-centrale de la commune, identifiable en rose vif (gauche LFI) sur la carte par bureau de vote. Ses bastions les plus marqués se concentrent sur Wazemmes, Moulins, Lille Sud, la Porte des Postes, la Porte d’Arras et la Porte de Douai, quartiers populaires et étudiants où la percée insoumise est la plus nette. Les bureaux violets (Deslandes/Addouche) dessinent une zone de compétitivité directe entre le PS et LFI, notamment autour du CHU et de Cormontaigne. Cette géographie confirme la dynamique LFI dans la 1re circonscription du Nord détenue par Aurélien Le Coq, dont Addouche est la suppléante. Elle se qualifie pour le second tour en deuxième position avec un score historiquement élevé pour une candidature LFI à Lille.
Les bastions Baly (ECO) au premier tour : Saint Maurice Pellevoisin et Fives (partiellement)
Stéphane Baly (Écologiste) arrive en tête sur un petit nombre de bureaux identifiables par les cercles verts dans les bureaux partagés, concentrés à Saint Maurice Pellevoisin et sur quelques bureaux de Fives au nord-est. Après son échec à 227 voix près en 2020 face à Martine Aubry, Baly réalise un score de 17,8 % qui le place en position de force pour négocier l’entre-deux-tours. Son électorat se répartit de façon plus diffuse sur la commune, notamment dans les bureaux centraux où se concentrent les configurations mixtes à quatre premiers.
Les bastions Spillebout (RE) au premier tour : Saint Maurice Pellevoisin et Lille Europe
Violette Spillebout (Renaissance) arrive en tête sur les bureaux du nord-est lillois correspondant à sa circonscription législative, identifiables en orange sur la carte par bureau de vote. Son bastion principal se situe à Saint Maurice Pellevoisin, Lille Europe et sur quelques bureaux du Vieux Lille, zones résidentielles au profil sociologique plus aisé qui constituent son socle électoral depuis 2022. Les bureaux orange foncé (Spillebout/Delemer/Deslandes) délimitent les poches où le vote centriste et Renaissance reste structurant face au bloc PS. Malgré son statut de députée de la circonscription, son score municipal de 11,1 % reste en net retrait des sondages qui la donnaient à 17 %.
Matthieu Valet (RN) nulle part en tête mais en balance avec le maire sortant à Lomme
Matthieu Valet (Rassemblement national) totalise 10,9 % et 7.049 voix à Lille, un score qui reste contenu dans une ville largement réfractaire au vote RN. Il performe principalement dans les bureaux de vote de Lomme où il est parfois au coude à coude avec le maire Arnaud Deslandes. En centre ville et dans les quartiers sud, il peut descendre en dessous des 5% des voix.
Les bureaux mixtes : fragmentation et compétitivité à quatre
Les bureaux verts clairs (mixte trois premiers) et verts foncés (mixte quatre premiers) sur la carte par bureau de vote dessinent les zones de forte compétitivité où aucun candidat ne se détache nettement. Ils se concentrent principalement sur le Vieux Lille, République, Grand Place, Citadelle, la Madeleine-Caulier et sur plusieurs bureaux centraux, typiques des quartiers à sociologie étudiante ou à composition mixte. Cette fragmentation centrale est caractéristique d’un premier tour à cinq candidats principaux dans une ville où la gauche se présente en ordre dispersé.
Lire la géographie électorale de Lille quartier par quartier
Cette carte par bureau de vote de Lille permet de visualiser précisément les résultats électoraux du premier tour dans chaque quartier lillois : Lomme Bourg, Mitterie, Mairie de Lomme, Le Marais, Bois Blancs, Cormontaigne, Citadelle, République, Vieux Lille, Grand Place, Lille Europe, Saint Maurice Pellevoisin, Madeleine-Caulier, Fives, Hellemmes, Lille Flandres, Moulins, Porte de Douai, Porte d’Arras, Lille Sud, Porte des Postes, CHU et Wazemmes. Cette représentation par bureau de vote constitue l’échelle la plus fine accessible publiquement à partir des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, avant toute modélisation spatiale complémentaire par croisement avec le registre électoral.
Au-delà des municipales : circonscriptions législatives et cantons de Lille
La commune de Lille est partagée entre quatre circonscriptions législatives du Nord. La 1re circonscription, détenue par Aurélien Le Coq (LFI), couvre les quartiers sud de Lille (Wazemmes, Moulins, Lille Sud, Bois Blancs, Vauban-Esquermes) ainsi que Loos et Faches-Thumesnil. La 2e circonscription, détenue par Ugo Bernalicis (LFI), couvre Lille-Est (Fives partiellement) et s’étend vers Villeneuve-d’Ascq, Ronchin, Lezennes et Mons-en-Barœul. La 9e circonscription, détenue par Violette Spillebout (Ensemble pour la République), couvre les quartiers de Fives, de la Gare et de Saint-Maurice Pellevoisin, ainsi que Bondues, Marcq-en-Barœul, Mouvaux et une partie de Tourcoing. La 11e circonscription, détenue par Roger Vicot (Socialiste), couvre Lomme et la partie ouest de Lille, ainsi qu’Armentières et les communes des Weppes. Ces quatre circonscriptions seront remises en jeu lors des prochaines élections législatives. Côté départemental, le territoire communal est découpé entre six cantons (Lille-1 à Lille-6), dont les prochaines élections cantonales auront lieu en 2028. Les résultats électoraux par bureau de vote des municipales 2026 constituent un indicateur précieux pour anticiper ces échéances à venir, en identifiant les bureaux pivots et les zones à fort potentiel de bascule, notamment dans les quartiers où la concurrence entre PS, écologistes et LFI structure désormais le paysage électoral lillois.
Géomarketing électoral : du résultat à l’action de terrain à Lille
Le marketing électoral consiste à transformer ces résultats en stratégie de campagne opérationnelle. À partir d’une carte par bureau de vote comme celle de Lille, il devient possible de cibler précisément un quartier et d’y réaliser un zoom par rue et par bâtiment, d’identifier les électeurs indécis dans les bureaux où aucun candidat ne dépasse 30 %, et de savoir où mobiliser les abstentionnistes en repérant les bureaux à faible participation. Cette démarche permet d’organiser un porte-à-porte efficace en priorisant les bureaux à fort enjeu plutôt qu’en quadrillant la ville au hasard, et de produire des résultats électoraux à l’échelle de la rue par croisement avec le registre électoral. C’est l’enjeu central du ciblage en campagne : concentrer le temps militant là où chaque contact compte vraiment.
Pour aller plus loin :
→ Géomarketing électoral : définition
→ Swing polls & swing streets
→ Cibler mieux plutôt que tracter plus
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