Hervé Marquès (Divers droite, maire sortant) remporte la triangulaire du second tour des élections municipales 2026 à Sète avec 40,1 % des suffrages et 8.768 voix, devant Laura Seguin (Union de la gauche) à 33,2 % et 7.253 voix et Sébastien Pacull (Rassemblement national) à 26,7 % et 5.822 voix. Au premier tour, Marquès était arrivé en tête avec 28,1 % et 6.003 voix, devant Pacull à 20,8 % et 4.441 voix, Seguin à 20,6 % et 4.395 voix, Pascal Pintre (Divers droite) à 14,8 % et 3.170 voix, et Sébastien Denaja (Divers gauche) à 13,7 % et 2.929 voix. Nos cartes électorales par bureau de vote détaillent la géographie d’une ville coupée entre un ouest acquis à la droite et à l’extrême droite et un sud-est où la gauche a percé dans les quartiers du Mont Saint-Clair et du centre historique.

Un premier tour post-Commeinhes : cinq listes significatives dans une droite fragmentée
L’élection municipale de Sète se déroule dans un contexte politique sans précédent. Après 24 ans de règne, l’ancien maire François Commeinhes a dû démissionner en avril 2025, définitivement condamné à un an de prison avec sursis, 15.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour irrégularités dans les rémunérations de hauts fonctionnaires municipaux. C’est son ancien adjoint aux sports, Hervé Marquès (Divers droite), qui reprend le flambeau et prend la tête du premier tour avec 28,1 % des suffrages et 6.003 voix, un score de tête qui reste modeste dans une ville historiquement ancrée à droite. La droite est en effet profondément divisée : Pascal Pintre (Divers droite) capte 14,8 % et 3.170 voix sur un positionnement concurrent, portant le total des deux listes de droite à près de 43 %, un potentiel considérable mais éclaté. Le Rassemblement national, porté par Sébastien Pacull, réalise 20,8 % et 4.441 voix, confirmant l’ancrage du RN dans cette partie du littoral héraultais, où le député sortant Aurélien Lopez-Liguori (RN) avait été réélu dès le premier tour des législatives 2024 dans la 7e circonscription de l’Hérault. À gauche, Laura Seguin (Union de la gauche, soutenue par le PCF, LFI et les écologistes) talonne le RN avec 20,6 % et 4.395 voix, tandis que Sébastien Denaja (Divers gauche, PS) recueille 13,7 % et 2.929 voix, portant le total de la gauche à 34,3 %, un score historiquement élevé pour une ville qui n’a pas élu de maire de gauche depuis des décennies.
La carte du premier tour : l’ouest bleu, le sud-est disputé
La carte par bureau de vote du premier tour traduit visuellement une géographie électorale très lisible. Les bureaux bleu clair (Pacull/Marquès) couvrent massivement tout l’ouest et le nord-ouest de la commune : Le Ponant, La Corniche, Pierres Blanches, Île de Thau, Le Barrou. Cette nappe bleue quasi continue dessine le socle de la droite et de l’extrême droite sétoises, dans les quartiers résidentiels et pavillonnaires de la rive ouest de l’étang de Thau et du littoral. Marquès y domine dans les bureaux partagés, avec des points forts réguliers de Pacull qui maintiennent une coloration mixte. Le centre de la commune, autour du Vallon, de Château Vert et de la Place de la République, apparaît en vert olive (mixte), signalant des bureaux où aucun candidat ne s’impose nettement et où les cinq listes significatives se partagent l’électorat dans des proportions resserrées. C’est la zone la plus fragmentée de la ville, celle où les reports de voix du second tour seront les plus décisifs. Au sud-est, les bureaux roses (Seguin dominante ou Marquès/Seguin) couvrent le Mont Saint-Clair, le Théâtre de la Mer, les Halles et une partie de La Vigie. Cette percée de la gauche dans le cœur historique et touristique de Sète constitue le fait marquant de la carte du premier tour. Les bureaux violets (Marquès/Seguin) autour du Mont Saint-Clair confirment un profil mixte où le maire sortant domine mais où la gauche réalise des scores supérieurs à sa moyenne communale.
La poche Marquès : le fief ouest et Île de Thau
Hervé Marquès (Divers droite) dispose de son socle électoral le plus solide dans les bureaux de l’ouest, où la tendance Marquès (bleu clair pur) est la plus nette. L’Île de Thau, Le Barrou, Pierres Blanches dessinent une bande continue où le maire sortant réalise ses meilleurs scores, souvent supérieurs à 30 %, combinés à un vote Pacull (RN) significatif qui colore la zone en Pacull/Marquès. Cette géographie traduit un électorat de droite structurel, ancré dans les quartiers résidentiels de la rive ouest, peu perméable à la gauche et dont la principale tension interne se joue entre droite classique et Rassemblement national.
Le vote RN : un ancrage ouest et nord diffus mais structurant
Sébastien Pacull (RN) ne dispose pas de fief monocolore propre sur la carte du premier tour, signe que son score de 20,8 % se distribue de manière diffuse plutôt que concentrée. Sa présence est cependant suffisamment forte dans les bureaux de l’ouest (Le Ponant, La Corniche, Île de Thau) pour colorer ces zones en Pacull/Marquès, et c’est dans les bureaux partagés de cette bande que les points de Pacull apparaissent en bleu foncé (en tête dans les bureaux partagés). Ce profil de vote RN diffus, structurellement présent dans tout l’ouest sans jamais dominer seul, est cohérent avec le score du député Lopez-Liguori dans la circonscription et confirme que Sète est un terrain favorable au RN, même si la droite classique y conserve la première place.
La percée Seguin : Mont Saint-Clair et centre historique
Laura Seguin (Union de la gauche) réalise ses meilleurs scores dans les bureaux roses du sud-est de la carte, notamment au Mont Saint-Clair, autour du Théâtre de la Mer et des Halles. Les points roses (Seguin en tête dans les bureaux partagés) confirment cette implantation dans le cœur historique de Sète, les quartiers denses du centre-ville et les zones à forte mixité sociale. La percée de Seguin dans ces bureaux constitue un fait politique majeur pour une ville qui n’a pas connu de gauche forte à l’échelle municipale depuis des décennies. Le score cumulé Seguin + Denaja (34,3 %) dans ces zones laissait présager un potentiel de rassemblement significatif au second tour.
La zone mixte du centre : le terrain le plus disputé
Les bureaux verts (mixte) du centre de la commune, autour du Vallon, de Château Vert et de la Place de la République, constituent la zone la plus fragmentée de la carte. Dans ces bureaux, Marquès, Pacull et Seguin se partagent l’électorat dans des proportions resserrées, avec la présence supplémentaire de Pintre et Denaja qui accentuent la dispersion. C’est le terrain le plus indécis de Sète, celui où chaque mouvement de report entre les deux tours produira le plus d’effet.
Le second tour : une triangulaire clarifiée par les retraits
Le paysage se simplifie radicalement entre les deux tours. Pascal Pintre (Divers droite, 14,8 %) se retire en évoquant le « besoin d’alternance », sans fusion ni consigne explicite vers Marquès. Sébastien Denaja (Divers gauche, 13,7 %) se retire également, sans fusion ni consigne de vote vers Seguin. La triangulaire Marquès/Seguin/Pacull qui en résulte dessine un affrontement droite/gauche/RN classique, mais dont l’issue dépend entièrement de la ventilation des 6.099 voix Pintre + Denaja du premier tour. Hervé Marquès (Divers droite) l’emporte avec 40,1 % des suffrages et 8.768 voix, soit un gain de 2.765 voix par rapport au premier tour. Laura Seguin (Union de la gauche) progresse à 33,2 % et 7.253 voix, soit un gain de 2.858 voix. Sébastien Pacull (Rassemblement national) recueille 26,7 % et 5.822 voix, soit un gain de 1.381 voix. En sièges, Marquès obtient la majorité absolue avec 31 sièges sur 43, Seguin 7 sièges et Pacull 5 sièges.
La carte du second tour : l’ouest bleu se renforce, le sud-est rose s’affirme
La carte du second tour confirme et amplifie les tendances du premier tour. La nappe bleue (Pacull/Marquès et Marquès pur) s’étend et se densifie dans tout l’ouest de la commune, de l’Île de Thau au Ponant, en passant par La Corniche et Pierres Blanches. Les points de Marquès (bleu clair) dominent désormais nettement dans les bureaux partagés de cette zone, signe que les voix Pintre se sont massivement reportées sur le maire sortant. Au sud-est, la nappe rose (Seguin et Marquès/Seguin) s’affirme et s’étend autour du Mont Saint-Clair, du Théâtre de la Mer, des Halles et de La Vigie. Les points de Seguin (roses) en tête dans les bureaux partagés confirment que les voix Denaja se sont largement reportées vers l’union de la gauche dans le centre historique. La zone mixte (vert olive) du centre se réduit au second tour, confinée à quelques bureaux autour du Vallon et de Château Vert, confirmant que la clarification de la triangulaire a polarisé la ville entre un bloc de droite à l’ouest et un bloc de gauche au sud-est. Le RN de Pacull, sans progression spectaculaire (de 20,8 à 26,7 %), n’a pas réussi à conquérir de fief propre et reste une composante du bloc bleu de l’ouest, insuffisant pour peser seul sur l’issue du scrutin.

Les reports de voix : Pintre vers Marquès, Denaja vers Seguin
L’analyse des cartes des deux tours permet de reconstituer les dynamiques de report. Les 3.170 voix Pintre du premier tour se sont très majoritairement reportées sur Marquès, qui gagne 2.765 voix au second tour et dont la progression se concentre dans les bureaux de l’ouest et du centre-ouest où Pintre réalisait ses meilleurs scores. Les 2.929 voix Denaja se sont largement reportées vers Seguin, qui gagne 2.858 voix, avec une progression particulièrement visible dans les bureaux du centre historique et du sud-est. Pacull (RN) ne capte qu’une fraction résiduelle de ces reports (1.381 voix supplémentaires), probablement issues de l’abstention différentielle et de transferts minoritaires depuis les deux listes retirées.
La Place Delille et les Halles : la poche de la gauche sétoises
Le quartier des Halles et de la Place Delille, à l’extrême est de la commune, constitue le fief le plus marqué de Laura Seguin. Les bureaux roses y sont les plus intenses, avec des scores de gauche nettement supérieurs à la moyenne communale aux deux tours. Ce quartier dense, commerçant et populaire incarne la gauche sétoise dans sa composante la plus urbaine, en contraste net avec les quartiers résidentiels de l’ouest acquis à la droite.
Le Mont Saint-Clair : le pivot géographique
Le Mont Saint-Clair, qui sépare physiquement l’ouest du sud-est de Sète, apparaît comme le pivot géographique de la carte électorale. Les bureaux violets (Marquès/Seguin) du Mont Saint-Clair au premier tour, qui se polarisent entre rose et bleu au second tour, traduisent un électorat intermédiaire, partagé entre attachement à la droite locale et aspiration au changement portée par la gauche unie. C’est sur les pentes du Mont Saint-Clair que la frontière entre les deux Sète se dessine le plus nettement.
Lire la géographie électorale de Sète quartier par quartier
Ces cartes par bureau de vote de Sète permettent de visualiser précisément les résultats électoraux du premier et du second tour dans chaque quartier sétois : Le Ponant, La Corniche, La Vigie, Mont Saint-Clair, Pierres Blanches, Île de Thau, Le Barrou, Le Vallon, Château Vert, Place de la République, Gare, Théâtre de la Mer, Halles, Place Delille. Cette représentation par bureau de vote constitue l’échelle la plus fine accessible publiquement à partir des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, avant toute modélisation spatiale complémentaire par croisement avec le registre électoral.
Au-delà des municipales : la 7e circonscription de l’Hérault et le canton de Sète
La commune de Sète est intégralement incluse dans la 7e circonscription de l’Hérault, qui couvre également Agde, Florensac, Pézenas et Servian, et dont le député sortant est Aurélien Lopez-Liguori (RN), réélu dès le premier tour des législatives 2024 avec 51,6 % des voix. Les résultats municipaux de Sète, où le RN réalise 20,8 % au premier tour et 26,7 % au second dans la seule ville-centre, confirment que cette circonscription reste un terrain très favorable au Rassemblement national, même si la droite classique conserve la mairie. Côté départemental, la commune correspond intégralement au canton de Sète, dont les prochaines élections départementales auront lieu en 2028. Les résultats électoraux par bureau de vote des municipales 2026 constituent un indicateur précieux pour anticiper ces échéances, en identifiant les bureaux disputés du centre où droite et gauche s’affrontent et la percée de la gauche unie dans les quartiers historiques.
Géomarketing électoral : du résultat à l’action de terrain à Sète
Le marketing électoral consiste à transformer ces résultats en stratégie de campagne opérationnelle. À partir d’une carte par bureau de vote comme celle de Sète, il devient possible de cibler précisément un quartier et d’y réaliser un zoom par rue et par bâtiment, d’identifier les électeurs indécis dans les bureaux où aucun candidat ne dépasse 30 %, et de savoir où mobiliser les abstentionnistes en repérant les bureaux à faible participation. Cette démarche permet d’organiser un porte-à-porte efficace en priorisant les bureaux à fort enjeu plutôt qu’en quadrillant la ville au hasard, et de produire des résultats électoraux à l’échelle de la rue par croisement avec le registre électoral. C’est l’enjeu central du ciblage en campagne : concentrer le temps militant là où chaque contact compte vraiment.
Pour aller plus loin :
→ Comment cibler les électeurs en campagne électorale ?
→ Comment mobiliser les abstentionnistes lors d’un scrutin local ?
→ Comment organiser un porte-à-porte efficace en campagne électorale ?
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