Stéphane Roudaut (Union de la droite) remporte très largement le second tour des élections municipales 2026 à Brest avec 57,4 % des suffrages et 28.343 voix, devançant nettement François Cuillandre (Union de la gauche, maire sortant depuis 2001) qui obtient 38,3 % et 18.919 voix, ainsi qu’Yves Pagès (Rassemblement national) qui ferme la triangulaire avec 4,3 % et 2.129 voix. Nos cartes électorales par bureau de vote des deux tours détaillent la géographie d’une alternance politique majeure à Brest, où la gauche perd la mairie après vingt-cinq ans de gestion municipale ininterrompue.
Premier tour : cinq candidats principaux, Roudaut en position de force
Au premier tour à Brest, les électeurs ont eu à départager plusieurs listes, dont voici les cinq principales. Stéphane Roudaut (Union de la droite) termine en tête avec 30,2 % des suffrages et 14.071 voix, suivi de François Cuillandre (Union de la gauche, maire sortant) à 23,8 % et 11.076 voix. Cécile Beaudouin (La France Insoumise), colistière soutenue par le député de la 2e circonscription Pierre-Yves Cadalen, recueille 15,4 % et 7.162 voix, confirmant la percée insoumise dans une métropole ouvrière historiquement PS. Yves Pagès (Rassemblement national) totalise 11,1 % et 5.172 voix. Sébastien Muscat (Divers gauche) ferme ce quintet avec 8,2 % et 3.836 voix. Cette fragmentation inédite du vote à gauche entre Cuillandre, Beaudouin et Muscat, cumulant près de 48 % des voix, constitue le cœur de l’affaiblissement du bloc sortant.
Zones de force du premier tour : Roudaut au nord, disputes multiples au centre et au sud
La carte par bureau de vote du premier tour révèle une géographie fragmentée. Stéphane Roudaut (UD) domine sans partage l’ensemble de la moitié nord de la commune : Kerallan, Kervao, Europe, Choiseul, Croix Rouge et le Stade Francis Le Blé sont identifiables en cyan (Roudaut simple). Cette couverture nord-est compacte constitue son principal fief. Les bureaux bleu foncé (mixte avec Pagès) dessinent un corridor de compétitivité où le vote RN cohabite avec le vote droite classique, notamment sur quelques bureaux de Bellevue, Mesnos et du Cosquer.
Au centre et au sud de la commune, la carte devient beaucoup plus éclatée. Les bureaux violets (Cuillandre/Roudaut) dessinent une large zone de compétitivité directe entre le maire sortant et son principal adversaire, notamment dans le Centre historique, autour de Saint Pierre et de Bellevue. Les bureaux rouges (Cuillandre/Beaudouin) correspondent aux secteurs où la gauche s’affronte à elle-même entre PS sortant et LFI montante, concentrés dans le périmètre Hôtel de Ville, Les Capucins, Les 4 Moulins et Guelmeur. Les bureaux rose pâle (mixte avec Beaudouin) témoignent d’une dispersion plus diffuse du vote LFI dans ces quartiers centraux populaires et étudiants. Les bureaux vert clair (mixte quatre premiers) identifient des zones de fragmentation extrême où aucun candidat ne parvient à se détacher nettement, concentrées principalement autour de Croix Rouge et de quelques bureaux centraux.
Fiefs Cuillandre au premier tour : une assise centrale fragmentée
François Cuillandre arrive en tête sur quelques bureaux isolés identifiables par les cercles rose pâle, notamment sur Les Capucins et quelques poches de Saint Pierre. L’étendue géographique restreinte de ses zones de domination au premier tour signale une érosion marquée de son socle électoral après vingt-cinq ans de mandat, la gauche s’étant éparpillée entre trois listes concurrentes.
Percée Beaudouin au premier tour : le cœur populaire de Brest
Cécile Beaudouin (LFI) arrive en tête sur plusieurs bureaux du centre-ville identifiables par les cercles rouges, concentrés sur l’Hôtel de Ville, Les 4 Moulins et Les Capucins. Cette implantation dans les quartiers populaires et étudiants confirme la géographie classique du vote LFI dans les grandes villes françaises : centres denses, jeunesse étudiante, quartiers à composition sociale mixte. Cette percée au cœur de la ville entame directement le vieux socle PS.

Second tour : alternance à Brest après vingt-cinq ans de gestion socialiste
Au second tour, Stéphane Roudaut (UD) l’emporte très largement avec 57,4 % des suffrages exprimés, soit 28.343 voix, s’imposant avec une marge confortable de près de 20 points sur François Cuillandre (UG), qui recueille 38,3 % et 18.919 voix. Yves Pagès (RN), maintenu en triangulaire, ne pèse plus que 4,3 % et 2.129 voix, en très net recul par rapport à son score de premier tour, signe d’un report massif de son électorat vers Stéphane Roudaut. Cette victoire nette signe la fin d’un cycle politique majeur à Brest : la gauche, qui détenait la mairie depuis 1989 avec Pierre Maille puis François Cuillandre depuis 2001, perd la ville pour la première fois depuis plus de trente-cinq ans. La dynamique de premier tour et la division durable de la gauche, même au second tour, ont rendu irréversible le basculement.
Fiefs Roudaut au second tour : quasi-monopole territorial
Stéphane Roudaut consolide et élargit massivement son socle au second tour, identifiable en bleu sur la carte par bureau de vote. Ses zones de force les plus marquées (bleu foncé, plus de 60 %) couvrent l’ensemble de la moitié nord et nord-est de la commune : Kerallan, Kervao, Europe, Choiseul, Stade Francis Le Blé, ainsi que Saint Pierre, Le Cosquer et une large frange sud et ouest de la commune. La couleur cyan clair (Roudaut simple) s’étend sur les zones intermédiaires, englobant Bellevue, Mesnos et Croix Rouge. Cette omniprésence territoriale témoigne de l’ampleur inhabituelle du basculement municipal, avec une couverture quasi totale de la commune hors centre dense.
Zones disputées au second tour : les bureaux partagés du centre-ville
Les bureaux violets (Cuillandre/Roudaut) restent la signature géographique la plus intéressante du second tour. Ils délimitent un corridor de compétitivité directe entre les deux finalistes, concentré sur le centre historique de Brest : Hôtel de Ville, Les Capucins, Les 4 Moulins et les bureaux proches de Guelmeur. Dans ces zones disputées, l’écart final se joue à quelques dizaines ou centaines de voix par bureau, dessinant la ligne de front où François Cuillandre a le plus résisté. Les bureaux rose pâle (Cuillandre en tête au second tour) restent très peu nombreux et se concentrent sur quelques poches résiduelles autour des Capucins et de l’Hôtel de Ville, confirmant le reflux massif du vote socialiste sur l’ensemble du territoire communal.

Lire la géographie électorale de Brest quartier par quartier
Ces cartes par bureau de vote de Brest permettent de visualiser précisément les résultats électoraux des deux tours dans chaque quartier brestois : Kerallan, Kervao, Europe, Choiseul, Stade Francis Le Blé, Croix Rouge, Bellevue, Mesnos, Saint Pierre, Le Cosquer, Base Navale, Les 4 Moulins, Les Capucins, Hôtel de Ville et Guelmeur. Cette représentation par bureau de vote constitue l’échelle la plus fine accessible publiquement à partir des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, avant toute modélisation spatiale complémentaire par croisement avec le registre électoral.
Au-delà des municipales : circonscriptions législatives et cantons de Brest
La commune de Brest est partagée entre deux circonscriptions législatives du Finistère. La 2e circonscription (Brest-centre), détenue par Pierre-Yves Cadalen (LFI) depuis 2024, couvre le centre et le sud de Brest, avec les communes de Bohars, Gouesnou et Guilers ; son élection en 2024 avait déjà signé une bascule à gauche, dont la dynamique semble s’être diluée au niveau municipal par la division des forces de gauche. La 3e circonscription (Brest-rural), détenue par Didier Le Gac (Ensemble pour la République), couvre le nord et l’ouest de Brest ainsi qu’une large zone rurale incluant Le Conquet, Plabennec, Plouarzel, Ploudalmézeau et Saint-Renan ; il avait été le député le mieux élu du Finistère en 2024 avec 69,1 %. Ces deux circonscriptions seront remises en jeu lors des prochaines élections législatives. Côté départemental, le territoire communal est découpé entre cinq cantons (Brest-1 à Brest-5), dont les prochaines élections cantonales auront lieu en 2028. Les résultats par bureau de vote des municipales 2026 constituent un indicateur précieux pour anticiper ces échéances, notamment dans les bureaux violets et rouges du centre-ville où la concurrence entre PS, LFI et droite classique structure désormais le paysage électoral brestois.
Géomarketing électoral : du résultat à l’action de terrain à Brest
Le marketing électoral consiste à transformer ces résultats en stratégie de campagne opérationnelle. À partir d’une carte par bureau de vote comme celle de Brest, il devient possible de cibler précisément un quartier et d’y réaliser un zoom par rue et par bâtiment, d’identifier les électeurs indécis dans les bureaux où aucun candidat ne dépasse 30 %, et de savoir où mobiliser les abstentionnistes en repérant les bureaux à faible participation. Cette démarche permet d’organiser un porte-à-porte efficace en priorisant les bureaux à fort enjeu plutôt qu’en quadrillant la ville au hasard, et de produire des résultats électoraux à l’échelle de la rue par croisement avec le registre électoral. C’est l’enjeu central du ciblage en campagne : concentrer le temps militant là où chaque contact compte vraiment.
Pour aller plus loin :
→ Géomarketing électoral : définition
→ Swing polls & swing streets
→ Cibler mieux plutôt que tracter plus
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