Carte de soutien au maire : savoir précisément où l’on est soutenu, toléré ou rejeté

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ont redessiné le paysage politique de centaines de communes françaises. Pour les maires élus ou réélus, une question se pose immédiatement : où exactement suis-je soutenu dans ma ville, et où ne le suis-je pas ?

Les résultats par bureau de vote donnent une première indication, mais ils restent grossiers. Un bureau de vote peut couvrir plusieurs quartiers aux profils très différents. Deux immeubles séparés de 200 mètres, rattachés au même bureau, peuvent avoir voté de manière radicalement opposée. Sans descendre à l’échelle de la rue et du bâtiment, le maire nouvellement élu navigue à vue.

C’est précisément ce que propose la carte de soutien au maire : une analyse post-électorale qui part des résultats du scrutin municipal pour modéliser, rue par rue et bâtiment par bâtiment, le niveau de soutien ou d’opposition à l’exécutif élu. Le principe est simple : je construis un modèle statistico-spatial à partir des résultats par bureau de vote, que j’applique ensuite à chaque adresse de la commune. Le résultat est une carte en cinq niveaux, du soutien le plus fort à l’opposition la plus marquée, qui permet au maire de visualiser en un coup d’œil la géographie politique de sa ville.

Pour illustrer cette approche, prenons la direction de la Normandie avec deux cas concrets issus des municipales 2026 : Alençon et Grand-Couronne. Deux villes, deux configurations politiques très différentes.

Alençon (61) : une maire de droite face à une double opposition

À Alençon, préfecture de l’Orne (environ 15.000 inscrits), le maire socialiste sortant ne se représentait pas après plusieurs mandats. L’élection était donc très ouverte, avec six candidats au premier tour et quatre au second. C’est Sophie Douvry, candidate de droite, qui l’emporte largement au second tour avec environ 47% des voix, face à Oscar Piloquet (Rassemblement national, environ 20%) et Alain Gallerand (ancien directeur de cabinet du maire socialiste sortant, environ 20%).

La carte de soutien à la nouvelle maire révèle une ville à trois visages.

Les bastions de la maire (en vert foncé sur la carte) se concentrent autour du centre-ville, des résidences à population plutôt âgée proches des Jardins de l’Hippodrome, et dans de nombreuses rues du quartier Montsort. Ce sont les fiefs du vote de droite à Alençon : la maire y dépasse probablement les 60% des suffrages, soit plus de 40 points d’avance sur chacun de ses opposants.

La majorité des rues de la ville se situe dans un soutien confortable (en vert moyen) : la maire y réalise un score proche de sa moyenne communale, autour de 50%, avec une vingtaine de points d’avance sur ses concurrents. C’est le cas des grands axes vers l’ouest et le nord, à Courteille, Villeneuve ou en direction de Perseigne, ainsi que d’un certain nombre de résidences et logements sociaux le long de ces axes.

En zone de soutien modéré (couleur sable), la maire fait jeu égal avec un ou plusieurs de ses concurrents : trois ou quatre candidats autour de 25% chacun. Ce profil très mixte se retrouve dans les immeubles de logements sociaux de Courteille, dans une partie de Perseigne, et dans plusieurs rues du centre-ville autour de la Halle au blé.

Mais la carte montre aussi deux types d’opposition bien distincts. L’opposition RN (en bleu foncé) est concentrée dans les lotissements de classes populaires de Courteille, où deux bureaux de vote donnent au Rassemblement national des scores de l’ordre de 30 à 40%, dans les maisons mitoyennes et logements sociaux. On retrouve ce vote dans plusieurs bâtiments de Villeneuve et dans quelques rues de lotissements proches du grand ensemble de Perseigne. L’opposition de gauche (en rose), portée par Alain Gallerand et l’ancienne majorité communale, domine dans les grands ensembles de Perseigne et, dans une moindre mesure, dans certains immeubles de Courteille et quelques rues du centre-ville.

Pour la nouvelle maire d’Alençon, cette carte offre une vision synthétique immédiate : ses fiefs solides, ses zones de confort, et les deux poches de rejet distinctes auxquelles elle devra porter attention, chacune portée par un électorat et des motivations différentes.

Un point à garder en tête : l’abstention, qui n’est pas représentée sur cette carte, atteint des niveaux très élevés dans certains bureaux, souvent précisément là où le RN arrive en tête. Le soutien ou l’opposition y sont donc exprimés par une fraction limitée des inscrits.

Carte de soutien à la maire élue Sophie Douvry à Alençon (normandie), rue par rue et bâtiment par bâtiment, municipales 2026

Grand-Couronne (76) : un quasi-bipartisme entre une maire socialiste et une opposition communiste

À Grand-Couronne, petite ville de Seine-Maritime d’environ 6.700 inscrits, la configuration est radicalement différente. Trois listes au premier tour, trois au second. La maire sortante, Julie Lesage, est réélue avec 48% des voix face à son opposant communiste, Denis Sagot (43%). La troisième candidate, passée de 13 % des votes au premier tour à 7% au second tour, pèse peu dans l’équation.

Ici, la carte dessine une ville presque coupée en deux.

Sur le plateau, le quartier des Essarts (trois bureaux de vote, essentiellement du pavillonnaire, maisons individuelles quatre façades, propriétaires) apparaît en vert foncé : c’est le fief de la maire, où elle arrive très nettement en tête. L’ancrage est solide, la population plutôt âgée et installée. Quelques grands axes de la ville basse montrent également un soutien marqué.

Le centre-ville de Grand-Couronne, dans sa majeure partie, apparaît en soutien modéré (couleur sable) : les deux candidats principaux y sont au coude-à-coude, entre 40 et 50% chacun. Cela concerne une partie des cités Carabachet, certains immeubles du Parc Diderot, la cité des Potasses et de nombreuses rues autour de ces secteurs.

Les zones d’opposition nette (en orange et rouge) correspondent aux grands ensembles : les immeubles regroupés autour des squares Claude Monet et Claude Debussy, la cité Barbusse, et une partie du Parc Diderot. Le vote en faveur de l’opposition communiste y est très majoritaire. On notera cependant qu’aucune rue de la ville ne présente un rejet uniforme et massif de la maire : l’opposition est concentrée dans les grands ensembles bien identifiés, pas diffuse sur l’ensemble du territoire.

Carte de soutien à la maire élue Julie Lesage à Grand couronne (seine maritime), rue par rue et bâtiment par bâtiment, municipales 2026

Deux villes, deux logiques, un même outil

Ces deux exemples illustrent la polyvalence de la carte de soutien au maire. À Alençon, une maire de droite doit composer avec une double opposition (RN et gauche) spatialement distincte. À Grand-Couronne, un quasi-bipartisme dessine une fracture nette entre le plateau pavillonnaire et les grands ensembles du centre.

Dans les deux cas, la carte permet au maire de savoir exactement où aller, où écouter, et où il y a du travail à faire. C’est un outil de pilotage pour les six années de mandat qui commencent : savoir où l’on est plébiscité, où l’on est simplement toléré, et où l’on rencontre des poches de rejet, c’est la condition pour gouverner en connaissance de cause.

La carte de soutien au maire est facturée 100 € les 1.000 électeurs inscrits. Elle comprend la cartographie complète de la commune (rue par rue, bâtiment par bâtiment) ainsi qu’un tableau récapitulatif par adresse avec le nombre d’inscrits et le niveau de soutien. Chaque carte est réalisée sur mesure à partir des résultats officiels des municipales 2026 de votre commune.

Renseignements et commandes: info@geoffreypion.com – 06.49.28.20.81

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