Menton : première projection d’un sondage municipal à l’échelle de la rue et du BÂTIMENT

Cette semaine, l’institut ELABE-BERGER LEVRAULT a interrogé 450 Mentonnais dans le cadre d’un sondage municipal, chose assez rare pour une commune de seulement 20.000 électeurs.
Il faut dire que le scrutin municipal à Menton est particulièrement ouvert suite à l’histoire électorale récente assez rocambolesque de la commune. Jean-Claude Guibal, maire LR depuis 1989, est décédé brutalement en octobre 2021 après avoir été réélu en 2020, alors qu’il faisait l’objet d’une enquête pour malversations dans la gestion du port. Son successeur Yves Juhel, élu en novembre 2021 à une voix près, a déclenché une crise avec la démission de 23 élus menés par Sandra Paire, conduisant à des élections municipales partielles en février 2022 qu’il a remportées. Puis le maire, lui-même visé par une enquête judiciaire sur le détournement de 700 000€, a annoncé en septembre 2025 qu’il ne se représenterait pas aux municipales 2026.
J’ai utilisé ces données pour réaliser une projection spatiale des intentions de vote par rue et par bâtiment. Une démarche exploratoire, à prendre avec précaution, mais qui révèle des dynamiques territoriales fascinantes pour un géographe.
Le sondage positionne Alexandra Masson (RN) largement en tête au premier tour (31%), et au second dans la plupart des cas de figure. Derrière elle, quatre candidats se tiennent dans un mouchoir de poche entre 15% et 17% : Sandra Paire, Louis Sarkozy, Florent Champion (droite) et Laurent Lanquar-Castiel (gauche).
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La projection spatiale fait apparaître une dichotomie territoriale nette. Dans l’arrière-pays, route de Sospel, Val de Gorbio, et sur les axes qui remontent vers l’arrière pays, Alexandra Masson arrive en tête dans la grande majorité des rues et des bâtiments (en violet). Plus on s’éloigne de la mer, plus ses scores projetés sont élevés. On y trouve les classes populaires de Menton, jeunes et actifs. Dans certains immeubles de cette zone, la liste de gauche la talonne, voire la devance.
À l’inverse, le centre-ville, le quartier de la gare, du casino et Garavan présentent une tout autre configuration. Ici, l’un trois candidats de droite (Louis Sarkozy et Sandra Paire en particulier) devance souvent Alexandra Masso. Et si ces candidats sont additionnés, ils devancent presque partout la candidate du Rassemblement National. En effet, la sociologie de ces quartiers diffère radicalement : les retraités non originaires des Alpes-Maritimes venus passer leurs vieux jours à Menton et résidant dans des ensembles fermés proche de la mer y sont majoritaires. Menton, à la manière de beaucoup de communes balnéaires en France, apparaît ainsi divisée en deux au niveau socio-électoral : un arrière-pays populaire acquis au RN et à la gauche, et un littoral aisé peuplé de retraités, ici fragmenté entre 3 candidatures de droite.
Cette projection reste exploratoire. C’est, à ma connaissance, la première fois en France qu’un sondage municipal est projeté à une telle échelle de précision à savoir la rue et le bâtiment. Il faut la considérer comme une hypothèse de travail, non comme une prédiction certaine.
Rendez-vous le 16 mars. Je publierai le lendemain du scrutin une carte des résultats réels, rue par rue, bâtiment par bâtiment, pour comparer avec cette projection.
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